Ce n’est plus un secret, je me suis remise au sport. Et c’est dur.

Au primaire et au collège, j’étais toujours celle qui traînait derrière en courses d’endurance. Celle que le prof regardait avec un air exaspéré. Celle qui était choisie en dernier dans l’équipe et celle qui regardait le ballon passer en football. En même temps, courir après un ballon.. bof.

Sur le bulletin scolaire, c’était toujours pareil. De bonnes notes partout, sauf en sport. Arf. Par pitié pour moi les profs me mettaient tout juste 10 (c’est la lose d’avoir moins de 10 en sport quand même), mais voilà, vilain petit canard athlétique j’étais.

Quand j’ai grandi, je suis devenue bonne à d’autres sports. J’ai fait du Taekwondo pendant 7 ans en tout. Il y avait moins à courir.

Car en fait, c’était courir le problème, je ne voyais vraiment, mais alors vraiment pas l’intérêt. Jusqu’à il y a environ un mois.

 

J’avais envie de me sentir en forme, de perdre un peu de poids, sans pour autant devoir faire des choses compliquées, avec des poids et des élastiques et tout le tralala. Partout où je regardais c’était clair : le moyen le plus simple et efficace était de mettre mes baskets et d’aller courir.

Vaille que vaille, je me lance. Je cours (encore) tout doucement, mais j’y vais.

 

J’avais de la chance car jusqu’à il y a deux semaines, je courais dans des parcs tout plats, et bien agréables. Même que je suis arrivée à courir 45 minutes et j’étais trop fière!

Maintenant je me trouve dans le nord de Londres, dans un endroit trop mignon… mais parsemé de collines.

Après deux ou trois courses, j’ai commencé à me décourager. Terminé les 45 minutes sans forcer. Là c’était colline après colline, et après 20 minutes je ne tenais plus, je sentais mes poumons tomber dans mes chaussettes.

 

Très raisonnablement, je me suis dit que comme le découragement que je ressentais allait inévitablement me dégoûter de la course, mon nouvel objectif était de trouver un terrain plat où courir sans trop souffrir.

Et dans le coin… il n’y en a pas vraiment.

 

Ainsi je m’étais presque décidée à m’inscrire à une gym pour courir sur un tapis, tout plat, quand j’ai fait part de mon aversion des collines à mon amie Jess, star du fitness (ça rime).

Et elle m’a répondu : ‘Non mais c’est super ! Tu te rends compte à quelle vitesse tu vas t’améliorer si tu montes des collines !’

‘Hmmf’

‘Mais si, regarde, n’essaie pas de tout faire d’un coup. Échauffe toi sur du plat, puis monte la colline en courant, redescend en marchant, fais ça 5 fois, et tu verras, ce sera super efficace’

‘L’inverse, ça marche ? Monter en marchant, descendre en courant ?’

‘Non, ça marche pas comme ça Lyvia.’
Comme je fais confiance à Jess, j’ai suivi son conseil. Ce matin j’ai mis mes baskets, et j’ai fait mes quelques minutes d’échauffement sur le plat. Je suis arrivée en bas de ma colline. On s’est regardé droit dans les yeux. Et j’ai commencé à courir.

Je me suis arrêtée mi-colline (je n’avais pas réalisé, mais elle est grande la colline! – ce n’est pas du tout ce que vous voyez sur la photo), et je suis redescendue un peu, et ai recommencé à courir, ainsi de suite. J’ai fait quatre sections en montée, et en haut j’ai failli étouffer ! Mais je l’avais fait, woop woop.

Comme je n’avais pas respecté à la lettre ce que Jess m’avait dit, j’ai couru au parc le plus proche avec son lot de montées et de descentes, et j’ai fait pareil. Et je ne suis même pas morte !!

Au contraire, c’était même très motivant d’arriver en haut une fois, deux fois, trois fois. La troisième fois que tu redescends, tu es tout-e content-e.

 

Mon exercice fini, je me suis avachie sur un banc, pantelante, et j’ai observé la nature devant moi. Je me suis dit, pas dans l’ordre:

 

Wow, si j’avais été à la gym, je n’aurais pas vu comme le parc est beau aujourd’hui.

Il faisait soleil, les oiseaux gazouillaient, des cygnes s’amusaient dans un lac. Dire que je comptais m’enfermer dans une gym sous prétexte que ‘les collines, c’est trop dur’ ?

Choisir la facilité m’aurait privé de cette glorieuse récompense :

Finalement, choisir la facilité n’est pas forcément la meilleure idée…

Parce qu’elle a raison Jess. En montant mes collines, je sais que je vais m’améliorer, et devenir plus forte. Je ne me suis jamais autant poussée à la course qu’aujourd’hui, et je sais que ce n’est que le début.

En ne choisissant pas la facilité, j’ai l’occasion d’explorer mon potentiel, et de me rendre compte de ce que je suis capable de faire.

Un jour, ce ne sera plus si difficile pour moi de monter des collines.

Je m’améliorerai, je deviendrai plus forte, et je me sentirai plus à l’aise. Et ce sera le moment de trouver de nouveaux challenges…

 

Ainsi, j’ai un message pour vous, ô, personnes qui souhaitez vous casser :

Peut-être que le chemin tortueux qui vous fait peur est celui que vous devez prendre, car il vous permettra de vous dépasser, vous apprendra des choses sur vous, débloquera certaines croyances, et vous rendra plus fort-e. Et ce n’est pas grave si par moments c’est un peu difficile. Il suffit de vous arrêter quelques minutes, et de repartir !

N’ayez pas peur de la montagne. Foncez, reprenez votre souffle, et re-foncez.